samedi 7 novembre 2009

Un air de Mali (hommage à ce merveilleux pays)

En voici un qui me tient particulièrement à coeur, et dans mon agenda surchargé, j'ai pris le temps d'écrire un peu. Je sentais qu'il était nécessaire pour moi de rendre une sorte d'hommage à un pays, à un peuple qui m'a profondément aidé à me comprendre, qui m'a ouvert les yeux, qui m'a appris à prendre du recul sur tout un tas de choses.
En bref, je n'ai que des bons souvenirs du Mali.


Un air de Mali
 

Une brise d'air s'engouffre dans la lancée du car,
les rideaux verts s’essoufflent dans une danse effrénée,
se trémoussent et se cambre sous le poids des beautés
du paysage changeant sous nos curieux regard.
Le sol chaud, rouge ambré, réfléchit le miroir
d'un paradis d'espoir que rien n'a saccagé,
Puis on lève les yeux vers ce ciel clair et pur
d'un bleu si transparent qu'il réinvente l'azur.
Et le soleil médite sur les ombres des arbres
dardant quelques rayons absorbés par le sol.
et la chaleur s'échappe comme d'un candélabre
dont la flamme bouillante plane dans son envol.
Ainsi les baobabs survivent dans ce sable
où chacun des enfants a un jour mis le pied.
Un ballon, un toubab, et ce monde agréable
a noyé le palpable dans une mer de gaieté.
S'agitant en tout sens, sincère est leur sourire
et soudain le désert s'est aussi mis à rire,
car les voir enchanté en toute simplicité
est un plaisir unique que je ne peux décrire.
Les mots les plus pudiques seraient bien trop grossiers
et les plus excentriques n'ont pas du voyager.
Alors pour toi Mali, contemple ce poème
qui n'a même pas la force au travers de ces phrases
de mettre un peu d'emphase dans mes rimes bohèmes,
mais rappeler à tous les histoires des telems
pimentant nos soirées sur le toit des hautes cases .
Et les yeux vers le ciel, ces légendes d'un autre âge
dessinaient dans nos rêves les formes du sommeil,
sous un millier d'étoiles au pays des merveilles.
 
Une brise d’air s’engouffre dans le bus, par le toit.
dans l’atmosphère ambiante, c’est comme un doux massage
qui caressent nos cheveux et cache notre visage
de la tranquillité qui règne ici en roi.
Les images qui défilent éveillent tous nos sens
comme les ânes en chantant nous réveillent par chance.
Les jours sont trop courts, inutile de dormir;
Un clin d’oeil insouciant des villages hauts perchés,
nous rappelle subtilement ce qu'il reste à gravir,
et la terre est si belle ainsi vue des sommets.
C'est un monde en dentelle, raffiné et fragile
qui voit grandir le riz, le karité, le mil
sous l'effort de ces femmes aux hanches abîmées,
par la bravoure d'hommes forts, épanchant mille courages,
que ce soit dans les champs, sur le sable, les rochers,
ou même sur le Niger aux paisibles rivages,
Et la pinasse navigue sur quelques siècles d'âges.
On ressent la magie, onctueuse et éphémère
dans l'écume de l'air, elle plane tel un oiseau,
sur la courbe des vagues, elle vogue sur les flots
d'un soleil accouchant de splendides lumières.
Puis des pêcheurs bozos agitent leurs pagaies
et d'un mouvement agile remontent leurs filets.
Un air de paradis envahit l'atmosphère
alors que la pinasse poursuit son odyssée.
On s'amuse ou on bronze dans ce décor unique
et parfois même on dort, les rêves y sont magiques.
Les contrées authentiques où rire est naturel,
personne ne s'attendait à cette ambiance virtuelle,
la haine y est proscrite et l'amitié nous lie
à jamais et toujours, gravé dans nos esprits.


Une brise d'air exhorte les pirogues de nos âmes
à voguer sans retour, les yeux bercés de larmes.
Et jusqu'au dernier jour, les souvenirs qu'on égraine
ont inscrit ce séjour au panthéon des rêves.
Point trop de longs discours, divines sont les maliennes,
l'eldorado Niger nous a remplit de fièvres.
Et que dire des maliens, aux désirs enfantins,
ces marchands de bonheurs aux sourires de lutins.
Ama le député, toujours prêt à zouker,
Ino le guérisseur et dogon a ses heures,
Baba notre marin, et parfois même pêcheur,
Tigué le cuisinier, auteur de fins gourmets,
Alkoye le grand charmeur, régnant sur Tombouctou,
Ambigou le dompteur des falaises escarpées,
Et Vié notre chauffeur, tête brûlée du désert,
Un grand merci à tous, au nom des toubabous.
Découvrir le Mali et sa grandeur solaire
son peuple bienveillant, ses délices culinaires,
son histoire, sa culture, ses langues mélodieuses,
a remplit nos mémoires, d'une peinture joyeuse:
du frisson d'une mangue, juteuse de plaisir
aux zébu et aux ânes, gardons le souvenir
d'une épopée heureuse, tranquille et lumineuse...
et l'astre dans le ciel nous faisait tant rougir
au bord de la piscine, nos peaux rendus martyrs
écumaient l'aventure de deux semaines radieuses.
Il y a dans l'atmosphère comme un air de Mali
un rayon de lumière dans le ciel de Paris.
Le paradis sur Terre aux lueurs harmonieuses
a posé ses frontières où l'amour a pris vie.
 
 
achevé le samedi 7 nov. 2009
E4NS