Et si c’était la fin…
C’est dans l’anonymat,
Que s’arrête mon chemin.
Et de vie à trépas
Le chant des tourterelles
Des rosées matinales
Compose le chant funèbre
De mon destin fatal.
Et le marbre éternel,
Enveloppe mon tombeau,
Froid, simple et sobre,
Contemplant de la haut,
Ma dernière demeure,
Où se posent mes os
Et ma peau de douleur…
Loin des miens sous la terre,
Assourdit par la mort
Proche des miens dans les airs
Des prières remémorent
Mes amours et mes deuils,
Le gâchis de ma vie.
Pour toujours je suis seul,
Dans l’infâme paradis
Qui contraint mon âme
A glissé sans retour
Au contact des flammes
Punissant ma bravoure.
Je revis, je remeurs,
Méritant châtiments
Et je prie mon malheur,
De souffrir pour mille ans.
L’absence de courage
A terrassé ma foi,
Et je suis fou de rage
Contre toi, contre moi.
N’approche pas le monstre
Que je suis devenu,
Ne pleure pas les astres,
Et leur force ambiguë,
Je ne suis que tristesse
Apaisé de chagrin,
Je ne suis que fadesse
De ce qu’est fait demain.
Et dans les étoiles,
N’espère pas me revoir,
Le soleil comme un voile
Doit cacher mon regard.
Et moi je t’attendrai,
Honteux de ma présence,
Et je prierai les cieux
Et sa grande clémence,
D’épargner tes beaux yeux,
Et d’infliger sentences
À celui qui mérite
Le fruit de ta colère.
A celui qui invite,
Le Péché comme un frère
Et qui n’a comme ami
Que Douleur et Misère.
A celui qui s’inscrit
Dans l’immense livre d’or
De l’histoire de la terre,
Comme le pire des morts.
Expiant une vie de vice
Et du trouble oppressant
Rendu comme un service
Au monde trop impatient.
Je soigne les cicatrices,
De ce cœur palpitant,
Celui de l’univers
Celui de tes enfants…
Mais ne laisse pas faire,
Ces doigts bien trop habiles
Qui pourrissent l’enfer même
De mes bêtises futiles.
Et souris à Lucifer,
Qui détruit dans son antre,
La tumeur ou l’oedème
Qui survit dans mon ventre
Et qui cause sans peine
Un chaos éphémère…
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