mercredi 28 janvier 2009

Angoisse

Nouvelle Hyper-production de J@ri !
Une rapidité déroutante pour cette écriture.
J'ai cru le bacler, mais finalement, j'ai pu exposer ce que je souhaitais.
Bonne lecture !


Angoisse.


Et drapée d’une soie blanche étouffant liberté,
Elle enveloppe la chaire, sans l’ombre d’un murmure.
Et pareille à l’eau qui ruisselle entre les roches,
En masse unie mais discrète en rapidité.
Fluide combinant vitesse et limpidité,
Ses secrets érosifs n’en créent pas moins l’usure.
L’usure du lit ou celle d’un temps caché,
Où la mémoire des mondes guident son approche
Furtive et réservée devinant les faiblesses
D’un corps ombré de rien, proche de la rupture.


Et lutter contre elle, c’est lutter contre soi-même.
Doit on se sacrifier pour vaincre le fléau?
Ou contourner sa force en évitant les germes
Et les frissons de mort qui asphyxient le cœur?
Qu’il eu été simple, si l’on devenait ruisseau,
D’édifier des barrages, et quitter ce teint blême,
Et donc sans dommages, on isolerait la peur.


Cet espoir est vicieux, oublie moi donc ce rêve.
Ce mal te dépasse et trace tes cicatrices,
Tous tes soucis s’entassent, regarde ce nuage.
Cette ombre c’est l’angoisse, qui vient et te ravage.
Les gouttes de l’angoisse, acide d’injustice
Traverse ta peau jusque ton âme écorché
Impulse dans ton cœur le rythme des frayeurs,
Délivre dans ton être des soupçons d’anxiété,
Et rejaillit dehors sous l’aspect de sueurs.


Protège toi de ces gouttes, esquive leurs douceurs.
Moi je suis déjà mort, ce ruisseau c’est mon corps,
Nourrit de ce nuage, un aurore, un hiver,
Un siècle, puis deux, une éternité de douleur,
Emprisonné tu meurs et tu deviens rivière…
Ne te laisse pas charmer par ce flot tranquille,
Scintillant de lumière, absorbant ton bonheur.
L’angoisse est un chasseur dangereux et hostile
Qui lit dans tes prières l’aveu de tes erreurs,
Et fait de ton malheur une vie sans idylles.

mercredi 21 janvier 2009

Les Tourbillons

Changement de style avec les tourbillons, ma dernière création.
Ecriture assez simple, au style musical, je le fredonnais pour me donner de l'inspiration et du rythme, et je crois que cela se ressent quand on l'écoute.
C'est indéniablement l'un de mes préférés !


Les tourbillons.


Tourbillonnent, tourbillonnent
Les images dans sa tête,
Tourbillonnent, tourbillonnent
Au rythme des comètes.


Et je vois dans ces yeux,
Mon visage malheureux.
Et je vois dans sa tête
Le futur qui me guette.


Et je sens son odeur,
Qui rajeunit mon cœur.
Et je sens sur sa peau
Qu’elle aime son héros.


Tourbillonnent, tourbillonnent
La silhouette des roses.
Tourbillonnent, tourbillonnent
Les pétales en osmose.


Et j’offre le bouquet
Et un baiser sucré,
Son sourire illumine
L’espace d’aura divine.


Et je vois sa tristesse
Quand je fais demi-tour.
Je quitte une princesse
Qui regrette son amour.


Tourbillonnent, tourbillonnent
Ses cheveux dans le vent.
Tourbillonnent, tourbillonnent
Ralentis dans le temps.


Et devant la demeure,
Immobile dans le froid.
La privant de bonheur,
Je perds confiance en moi.


Mais mon devoir m’appelle
Au plus près des combats.
Et donc loin de ma belle
Mon destin se jouera.


Tourbillonnent, tourbillonnent
Et mes pensées s’envolent.
Je frissonne, je frissonne
Mon sang coule sur le sol.


Couchés sous les étoiles
Nous sommes de nouveau seuls.
Des larmes sous son voile
Viennent mouiller mon linceul.


Et derrière moi je laisse
Une veuve au ventre rond,
Qui transmet sa détresse
À notre enfant sans nom…


Tourbillonnent, tourbillonnent
Le deuil dans sa mémoire
Tourbillonnent, tourbillonnent
De souvenirs illusoires.


Laissée à l’abandon,
Promet à ton mari
D’élever notre garçon
Et de refaire ta vie.


Et pardonnes à ces flammes
De libérer mon âme.
Mais souris moi maintenant,
Je pars au gré du vent.

jeudi 15 janvier 2009

Les maux du soleil => pour les enfants de la lune.

Le prochain poème est assez spécial dans son écriture.
Je m'explique, alors que j'écrivais sans grande inspiration, j'étais pendant un moment perdu dans mon écrit, je n'allais nulle part, je ne trouvais pas mes mots, c'était pas formidable..
Bref, soudain en me relisant, j'ai compris qu'involontairement, ça pouvait presque donner quelque chose d'intéressant avec des petits remaniements. Et le thème des "enfants de la lune" m'est apparut.
J'avoue avoir un peu parcourut le net pour connaître un peu mieux cette maladie, je savais que c'était souvent des enfants qui ne pouvaient vivre le jour. Et c'est ainsi que je me suis mis dans la peau d'un de ces enfants. Sans prétendre pouvoir comprendre ce que ça fait, certes, mais en essayant néanmoins d'imaginer comment on pouvait le vivre.
Enfin, voilà ce que ça donne au final:



LES MAUX DU SOLEIL


Ô Soleil, pénétrant la pièce tu révèles
De tes ailes infinies la forme d’un mur.
Ambré de tes caresses, libéré du sommeil
Tu gommes chaque nuit en parcourant le ciel
Déverser ton amour qui nourrit la nature
Et fleurit de tendresse, tes prairies de verdure.


Je me lève étourdit par tes doux battements
Réchauffant l’espace envahit de ma tristesse.
Tu brises la glace de mon cœur larmoyant,
Sous sa carapace navigue indécemment
Détresse et maladresse, l’écho de mes tourments.


Si je pouvais voler dans l’azur que tu peints,
J’irais sur les sommets contempler tout ce vide
Défier ce désarroi qui tous les jours me guide,
Armé de détresse de glace, je suis serein.
Je te pointerais du doigt et rugirait mon ode
Au rythme de mes larmes asséchées mais chaudes:


« Ô chaleur, Ô soleil, n’éclaire pas, j’implore
Laisse les ténèbres dominées ta bravoure,
Regarde dans mes yeux, tu ne vois pas l’amour,
Mais simplement l’aveu de ma peur de l’aurore.


Ô chaleur, Ô soleil, ne brûle pas, j’implore
Je souhaite que la nuit exerce mes prières,
Que la lune resplendisse aussi de lumière,
Empêche tes rayons de maltraiter mon corps.


Ô chaleur, Ô soleil, puis je compter sur toi?
Tes ailes sont piquantes et abîment ma peau
Ta puissance est telle que je suis en lambeau
Et sans mon courage, je ne vivrais plus je crois...


Ô chaleur, Ô soleil, ne vole pas, j’implore
Me reconnais tu? Je suis enfant de la lune
Et chaque jour qui passe est un jour qui me ruine,
Et encore je me cache, pour éviter la mort.


Ô mon désespoir soleil, ma vie est misère

Abandonné des cieux, solitaire et malade.
Je place dans ma bouche une cigale en jade
Et fais mes adieux à l’heure du rayon vert. »

lundi 12 janvier 2009

L'Allée couverte

L’Allée couverte du chêne-hut de l’époque néolithique abritait une ou plusieurs familles. Ils vivaient de la chasse et de la cueillette. Des armes en silex ont notamment été retrouvées sous l’abri que formaient les dolmens.



L’Allée couverte

Désolé de silence, l’Allée couverte hésite
Entre l’épais brouillard et l’horizon glacial.
Et c’est figé dans l’antre de pierres tombales
Que je vis d’eau bénite.
Adossé au chêne-hut contemplant le granit
J’entends à présent la voix d’un homme, brut, spectral
Dont le souffle m’étouffant résonne sans mal
L’écho qui m’évite.
La roche verticale, froide de sentiments
Colmate ses fissures du son de ces enfants,
Des silex qu’il taille ou des champignons qu’il cueille
Sous un tapis de feuilles.
L’air est trop lourd pour ma solitude d’ermite,
Isolé pour les hommes, pas pour les écureuils,
dont le vif regard guide mon recueil
D‘un passé qui m‘invite.
Quittant le sanctuaire de mes pas altérés,
Du chant des chimères, et de l’absence de bruit,
L’obscure douceur soudainement ravivée
Et de nouveau je fuis.
Tout comme Aaron le saint, solitaire et calme,
Nous nous en allons, panser…, ma détresse et moi
Montant sur la colline, de tristesse en joie,
mon saignement de l’âme.